Hausse du carburant : le SEFB alerte sur la situation des exploitants forestiers

23 septembre 2026 | Communiqués

Le Syndicat des Exploitants de la Filière Bois (SEFB) tient tout d’abord à saluer la décision du Gouvernement de prolonger jusqu’au 31 décembre les aides ciblées sur les carburants, annoncées le 16 septembre par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Cette mesure, destinée à protéger les entreprises face à la flambée des prix, bénéficie à plusieurs professions : les pêcheurs, dont l’aide passe de 25 à 35 centimes par litre, les entreprises éligibles du BTP, qui conservent 20 centimes sur le gazole non routier, et les agriculteurs et forestiers, maintenus à 15 centimes par litre de GNR.

Le SEFB souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur le fait que les opérateurs forestiers, eux aussi fortement exposés à la hausse des prix de l’énergie, méritent un soutien plus conséquent.

Une hausse des prix qui frappe de plein fouet notre profession

Entre février et septembre 2026, le prix du gazole est passé de 1,342 euro à 1,95 euro hors taxes par litre, soit une hausse de plus de 45 %, représentant près de 60 centimes supplémentaires par litre. Sur la même période, le gazole non routier (GNR) a connu une progression comparable, passant de 0,986 à 1,45 euro hors taxes par litre, soit une hausse de 47 %.

Or les exploitants forestiers sont, par la nature même de leur activité, de grands consommateurs d’énergie fossile. En forêt, chaque engin (abatteuse, porteur, débardeur, feller buncher) consomme entre 200 et 300 litres de GNR par jour. Sur la route, chaque camion grumier assurant le transport du bois consomme entre 300 et 400 litres de gazole par jour. Cette dépendance au carburant place nos métiers parmi les plus vulnérables à la volatilité des prix de l’énergie.

Notre demande : porter l’aide de 15 à 25 centimes par litre

Face à cette situation, le SEFB demande au Gouvernement de porter l’aide au GNR destinée aux opérateurs forestiers de 15 à 25 centimes par litre, à l’image de l’effort consenti pour d’autres filières exposées.
Nos entreprises ne peuvent continuer d’absorber seules une hausse de cette ampleur. Sans un soutien renforcé, beaucoup ne tiendront pas, avec des conséquences économiques en chaîne. En effet, une vague de défaillances dans notre secteur fragiliserait durablement toute l’économie du bois et des territoires ruraux qui en dépendent.

C’est pourquoi, le SEFB restera pleinement mobilisé auprès des pouvoirs publics pour que nos métiers soient soutenus à la hauteur de leur rôle pour la sécurité de nos forêts, la compétitivité de notre économie et la vitalité de nos territoires ruraux.

Entre la multiplication des intempéries, les contraintes réglementaires qui nous immobilisent plusieurs semaines par an et aujourd’hui la flambée du carburant, nos entreprises rurales sont dans une situation critique. Si la France veut une forêt entretenue, une filière bois compétitive et des territoires ruraux vivants, il est urgent de nous soutenir pour nous permettre de traverser cette crise énergétique.

David Caillouel, Président du SEFB